AFPR : qui peut en bénéficier ? Démarches et conditions

Certains demandeurs d’emploi découvrent que la durée d’une formation prise en charge ne peut excéder 400 heures, sauf exception accordée par Pôle emploi. Le dispositif ne s’adresse pas à tous : seuls les inscrits à Pôle emploi, indemnisés ou non, restent éligibles, sous réserve d’un projet de recrutement formalisé par une entreprise. Les démarches impliquent plusieurs étapes obligatoires, dont la validation par un conseiller référent. La possibilité de financement complémentaire dépend de la situation individuelle et du secteur professionnel visé. Les conditions varient selon le type de contrat envisagé à l’issue du parcours.

À quoi sert l’AFPR et pourquoi s’y intéresser aujourd’hui ?

La formation préalable au recrutement a longtemps joué le rôle de tremplin lors de recrutements hors normes ou dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre. L’AFPR, appuyée par France Travail (ancien Pôle emploi), visait à gommer les écarts entre les compétences d’un candidat et celles requises pour un poste précis. Grâce à ce mécanisme, une entreprise pouvait accélérer ses embauches sans sacrifier la qualité, tandis que le nouvel arrivant profitait d’un parcours sur mesure, court et immédiatement utile.

Depuis 2024, la Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle (POEI) prend la relève. Cette évolution, découlant de la loi Plein emploi, fusionne désormais l’AFPR et la POEI en un dispositif unique. Désormais, qu’il s’agisse de formation AFPR ou de préparation à l’emploi, tout passe par une même porte d’entrée. L’objectif reste limpide : répondre concrètement aux besoins des entreprises tout en ouvrant les portes d’un emploi durable ou d’un contrat de plusieurs mois aux candidats. La POEI concerne aujourd’hui chaque recrutement nécessitant une adaptation rapide, que le contrat soit un CDI, un CDD d’au moins six mois ou un contrat de professionnalisation.

Dans cette nouvelle dynamique, la formation préalable garde tout son intérêt. La transformation de l’AFPR en POEI simplifie les démarches et mutualise les ressources administratives. Les employeurs bénéficient d’un soutien financier, les candidats accèdent au statut de stagiaire de la formation professionnelle. Pilotée par France Travail, la POEI garantit un cadre clair, sécurisant pour toutes les parties, du montage du dossier à la prise de poste.

Qui peut bénéficier de l’AFPR : profils concernés et situations éligibles

La formation préalable au recrutement s’adressait avant tout aux demandeurs d’emploi inscrits auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi). Ce public, souvent en reconversion ou en quête d’une nouvelle chance, pouvait s’appuyer sur l’AFPR pour acquérir les compétences manquantes. D’autres types d’accompagnement, comme la mission locale, Cap emploi ou l’APEC, ouvraient aussi la porte au dispositif, offrant ainsi une solution adaptée à tous les parcours.

L’accès à la formation ne se limitait pas à un profil unique. Les travailleurs handicapés bénéficiaient, par exemple, d’aménagements de durée adaptés à leur situation. Ce souci de personnalisation reste présent avec la POEI, qui a pris le relais depuis 2024 : tout demandeur d’emploi confronté à un besoin de compétences précises avant l’embauche peut solliciter le dispositif.

L’employeur, pour sa part, devait s’engager à proposer un contrat à l’issue de la formation : CDD, CDI, contrat de professionnalisation ou même mission d’intérim longue. La logique ne change pas : recruter un demandeur d’emploi en adaptant son parcours, avec l’appui technique et financier de France Travail. Cette alliance entre emploi et formation favorise des embauches solides, au bénéfice des entreprises et des candidats.

Quelles sont les conditions à remplir pour accéder à l’AFPR ?

Pour bénéficier de l’AFPR, il fallait répondre à plusieurs critères précis, encadrés par France Travail. Le dispositif s’adressait aux personnes inscrites comme demandeurs d’emploi, disposant d’une promesse d’embauche conditionnée par une formation, pour des postes en CDD (de 6 à 12 mois), contrat de professionnalisation, contrat de travail temporaire (limité à 18 mois sur 24) ou CDI. Les contrats très courts, inférieurs à six mois, restaient hors champ.

Le processus réunissait trois acteurs incontournables : le candidat, l’employeur et l’opérateur public de l’emploi. Une convention tripartite était signée, détaillant le contenu, la durée et les modalités de la formation. La durée totale ne dépassait pas 400 heures, que la formation soit organisée directement par l’entreprise (tutorat) ou confiée à un organisme de formation externe.

Pour garantir la qualité, l’organisme sélectionné devait posséder la certification Qualiopi. Ce label assurait un niveau d’exigence conforme à la réglementation. Le plan de formation devait correspondre à des besoins concrets de l’entreprise ; il n’était pas question ici de financer des formations déjà prises en charge dans le cadre du plan de développement des compétences.

Côté financement, les règles étaient claires : l’aide accordée à l’employeur s’élevait à 5 euros net de l’heure pour une formation interne, plafonnée à 2 000 euros ; pour une formation externe, 8 euros net de l’heure dans la limite de 3 200 euros. Ce soutien permettait de rapprocher les attentes de l’entreprise et les compétences du candidat, tout en sécurisant la trajectoire vers l’emploi.

Les démarches pas à pas pour obtenir l’AFPR et réussir sa formation

Avant d’entamer le parcours, il convient de solliciter son conseiller France Travail. À cette étape, le conseiller vérifie la pertinence du projet et précise, avec l’employeur, les compétences à acquérir. Un entretien préalable, parfois mené en présence de l’entreprise, permet d’ajuster le contenu de la formation préalable au recrutement.

Ensuite, une convention tripartite est signée entre l’employeur, le candidat et France Travail. Ce document, indispensable, détaille la durée, l’objectif et le mode de réalisation de la formation : tutorat en entreprise, passage par un organisme certifié Qualiopi, ou alternance selon le poste à pourvoir. Le choix de la structure formatrice ne se fait jamais à la légère : le respect des critères réglementaires est impératif.

Le candidat obtient alors le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Ce statut donne droit à une indemnisation, versée sous forme d’AREF, RFPE ou RFF selon la situation. Dans certains cas, les frais de déplacement sont pris en charge grâce à une aide à la mobilité spécifique. Côté employeur, le soutien financier atteint jusqu’à 5 euros net de l’heure pour une formation interne, 8 euros net de l’heure en externe, dans la limite fixée par France Travail.

L’accompagnement ne s’arrête pas au début de la formation. Un suivi pédagogique, assuré par un référent, jalonne le parcours du candidat pour garantir la cohérence entre les compétences acquises et le poste visé. France Travail reste le chef d’orchestre du dispositif, du montage administratif jusqu’à l’embauche concrète.

Face à la pénurie de compétences et à la course au recrutement, la POEI, héritière de l’AFPR, s’impose désormais comme un levier agile et structurant. Pour l’entreprise comme pour le candidat, c’est l’opportunité de transformer une simple promesse en véritable projet commun.

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